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 L'Assemblée des ombres

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Masika
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MessageSujet: L'Assemblée des ombres   Ven 1 Juin - 13:34

Malgré l’heure tardive, les rues de Lisbonne sont encore brûlantes du soleil écrasant de cet été 1563. Toi et Sergio avez-eu une journée épuisante à travailler sur les docks pour charger les navires qui vont et viennent dans la capitale Lisboète. Mais tout à une fin, même les travaux les plus ardus, et l’heure est venue de dépenser en bière vos Ceitis si chèrement gagné. A vrai dire, tu n’étais pas vraiment partant pour une sortie nocturne, mais Sergio en fêtard invétéré qu’il est, a réussi à te convaincre d’aller écumer les bars du port pour, pourquoi pas, finir dans les bras de quelques anges de la nuit à la peau si douce.

Après avoir déjà vidé des chopines à l’Orgulhoso galeão et au Sagrada Luz, il ne vous reste quasiment plus rien dans les poches. Sergio insiste pourtant pour faire un dernier passage au Anjos de Lisboa. A présent ambiancé, tu ne renâcles pas trop à te joindre à lui.

La taverne en sous-sol est bondée: marins, filles de joie et dockers s’entassent et l’alcool coule à flot. Un spectacle par contre peu familier en ces lieux se déroule au centre de la pièce. Ce qui ne peut-être autre qu’un Noble s'y tient debout sur l'une des tables. Le plafond étant bas, il est obligé d’incliner la tête pour ne pas se cogner. Son allure débraillée, les tâches sur sa chemise blanche et sa difficulté à articuler les mots indiquent un état d’ébriété avancé.

-… Et je vous le dis mes amis,ceux qui feront partie de mon équipage découvriront les merveilles du nouveau-monde, foi d’Estacio… Et en attendant tournée générale ! Continue le trublion tout en jetant une poignée de Ceitis en direction du comptoir sous les vivas de l’assemblée.

Les vivas, mais aussi des regards de convoitise que tu ne manques pas de remarquer. L’atmosphère s’échauffe sérieusement alors que le tenancier s’échine à servir les uns et les autres.

- Je t’avais dit qu’il fallait qu’on vienne ! Tout sourire, Sergio s’empare d’une chope au passage de l’une des serveuses avant de se joindre au concert de chant qui s’est déclenché suite à l’intervention du nobliau.


Dernière édition par Masika le Jeu 27 Sep - 7:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Ven 1 Juin - 17:58

Un brin échaudé par cette petite tournée des tavernes, j'ai un rire franc à la boutade de mon compagnon de beuverie en attrapant moi-même adroitement une Chopine que je bois d'un trait :
- "Disons que c'est pas l'idée la plus stupide jamais sortie de ton esprit !", dis-je en lui tapant amicalement l'épaule.

Mais dans le capharnaüm de mes pensées, le discours de ce Nobliaud avait piqué mes désirs. Partir en mer. Embarquer pour le Nouveau Monde. Autant de rêves que je faisais depuis que ma mère était morte de la grande vérole lorsque je n'étais encore qu'un enfant. Orphelin des rues, je ne rêvais déjà que d'une chose : partir. Mais mes facéties et ma nature rebelle et insouciante m'avait toujours empêchées de réaliser ce que je pensais être ma vie. Aujourd'hui je fêtais mes dix huit printemps, et ce discours sonnait comme un signe.

Je trinque avec Sergio, regarde la fille de joie (qui me rappelle ma mère) qu'il me montre, mais je suis trop absorbé par les vapeurs de l'alcool et de mon rêve pour fixer autre chose que le Noble. La mer t'appelle, Sandro...Ne fais pas encore tout rater !

Mes quatre dernières tentatives s'étaient soldées par des échecs, par de...Malheureux concours de circonstances.

Je raffermis ma main d'ancien gamin du pavé sur la choppe, et glisse à Sergio, une lueur dans mes yeux noirs :
- "Cette fois c'est la bonne Sergio ! Je le sens ! On va pouvoir partir d'ici...Allez viens, l'aventure nous appelle, mon ami !"

Puis ni une, ni deux, je dirige mes bottes et mon humble mais solide tenue de Docker vers le Noble qui est déjà assailli de candidats au voyage. Je force le chemin, renversant malenctontreusement un peu du saint liquide sans y prêter attention, puis une fois à son niveau lui tape l'épaule comme si de rien n'était :
- "Boa tarde, Senhor ! Vous cherchez des gens pour votre équipage vers le nouveau monde ? Ne cherchez plus, nous sommes vos hommes !", dis-je en montrant Sergio, où qu'il soit.
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Jeu 7 Juin - 12:13

Tu te frayes un chemin jusqu’à votre bienfaiteur du soir, entouré qu’il est par de nombreux profiteurs qui cherchent à tirer parti de la bonté du dit Estacio pour une nouvelle chopine d’alcool. Lorsque tu l’interpelles, le noble en goguette se tourne vers toi pour dévoiler un visage émacié aux yeux brumeux d’alcool, mais où tu lis comme une hésitation. L’hésitation de celui qui se demande si on lui joue quelque vilaine blague. Finalement, sa face rougie par les abus de la soirée (et pas que) s’ouvre sur un large sourire.

- Ah! Voyez mes amis ! Déjà certains ont compris que suivre le Capitaine Estacio de Sa, c’est mener sa destinée vers l’aventure et la gloire.

Il se retourne vers le Tavernier :

- Un autre verre pour mes premières recrues !

Il déverse à nouveau quelques Ceitis sur le comptoir, d’une bourse qui semble sans fond, puis fais mouvement vers toi d’un pas chancelant.

- Alors jeune matelot, quelles sont tes compétences? Tu as officié à bord de quel navire et auprès de quel capitaine ?

Il lâche alors un rot sonore, signe précurseur d’une régurgitation complète sous peu. C’est à ce moment que Sergio, qui s’est rapproché de toi dans l’intervalle, te saisis par l’épaule et te glisse : « Laisses tomber, meu amigo, ce bobo est fin saoûl et nous mènera nulle part ». Comme pour donner du crédit aux affirmations de ton ami de toujours, Estacio de Sa se penche contre le comptoir et vomit une bonne partie de ses performances de la soirée, victime des soubresauts de ce genre de moment. Instantanément, la foule qui s’était agglutinée autour du triste personnage s’écarte de lui, consciente qu’elle n’aurait plus rien à gagner ses faveurs à présent.
C’est à ce moment précis que tu la remarques. Sous ses airs d’entraîneuse, la femme ne semble pas vraiment pressée de se trouver un client. Elle couve Estacio de Sa du regard, mais non par sens du commerce, plus comme le ferait un prédateur avec une proie. Vos regards se croisent. Elle fait alors volte-face et quitte sa position en direction de la sortie. La foule est trop dense pour que, du comptoir, tu puisses la rattraper avant sa sortie.

Dans le même temps, Estacio de Sa t’attrape le bras, toujours courbé en deux sous les derniers spasmes de son vomissement.

- Tu veux bien être un bon garçon et m’emmener dehors, matelot ?
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Jeu 7 Juin - 13:02

Une fois que Sergio m'a ouvert les yeux sur cet imposteur, je serre les dents en ruminant. Mpff...Non, non, NON, pas ENCORE !

Je me fais la réflexion saugrenue que malgré sa comédie et sa beuverie, il avait peut-être réellement un navire, ou savait peut-être qui pourrait nous faire embarquer.

J'aperçois alors l'intrigante prostituée aux airs de brigand. Mes yeux se plissent un peu. Impossible de savoir ce qu'elle pouvait bien vouloir. J'observe le faux nobliaud, et sa bourse sans fond, et l'idée de le soulager de ce fardeau commence à faire son chemin dans ma tête, ne serait-ce que pour payer ma nouvelle déception.

Alors lorsque le fourbe petit imposteur me prend par le bras pour quêter mon aide, mon expression sérieuse devient avenante, et je lui répond avec un large sourire en l'aidant à se lever tout en évitant qu'il ne me colle partout ses rejets d'intestin :
- "Mais bien sûr, Senhor, ce sera avec plaisir...Je vous parlerais de mes aventures...Quel est le nom de votre bateau, Capitaine ?", dis-je en indiquant discrètement à Sergio de nous suivre, tout en lui indiquant la bourse que je m'apprête à subtiliser sur notre chemin, et pourquoi pas plus si il venait à tomber inconscient. Je me dirige vers la sortie, ne pouvant qu'espérer que mon acolyte et ami d'enfance avait reçu mon message.

Une lueur de conscience passe dans mon esprit, mais elle se perd au milieu de la colère alcoolisée d'avoir été dupé, et une sorte de justice assortie à mes anciens réflexes de voleur de rue.

Une ruelle sombre, voilà ce qu'il nous fallait trouver. Et j'en connaissais justement une, adjacente à cette taverne.
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Jeu 7 Juin - 14:23

Un discret hochement de tête de Sergio suffit à ce tu sois assuré qu’il a compris tes intentions. Désormais hors-jeu, Estacio de Sa n’intéresse plus grand monde, et tu peux le conduire vers la sortie sans encombres. Chemin faisant, l’homme te répond, dans les vapeurs d’alcool :

- Je n’ai pas encore de navire attribué mais, par la grâce de Dieu, nul doute que sa Majesté Jean III accèdera à ma requête d’envoyer une flotte vers les Indes. Il y a encore des terres vierges de toute humanité là-bas, le sais-tu ?

Il renifle bruyamment avant de cracher un mollard poisseux à votre sortie du Anjos de Lisboa.

- Il faut que je pisse petit, j’ai la vessie qui va éclater.

Tu le fais patienter jusqu’à le conduire dans la venelle que tu sais désertée à cette heure de la nuit. Il défait alors les lacets de son pantalon puis urine bruyamment. Sa bourse est nouée au côté gauche de sa ceinture de cuir. Un jeu d’enfant.
Tu vas pour te saisir de la bourse de ta victime quand une lame effilée vient se glisser sous ton cou. Le parfum douceâtre d’une femme vient chatouiller tes narines. Cette même femme qui murmure pour tes seules oreilles:

- Tues- le et je te laisserai vivre.

Un frisson de terreur court le long de ton échine. Pas à cause de la lame sur ton cou, non. Mais bien parce que tu peux sentir quelque chose de terrible qui se dissimule dans les ténèbres, juste derrière la femme.

C’est à cet instant précis que Sergio surgit au coin de la ruelle. Voyant ta situation, il hèle :

- Hé ! Lâchez-le!!!avant de se mettre à courir dans votre direction.

Hébété, Estacio de Sa, qui vient d'en finir avec ses besoins, se tourne vers toi et te fixe une fraction de seconde avant de comprendre dans quel pétrin il se trouve. Il balbutie immédiatement :

- Au… au nom de notre Seigneur… Pitié !

Te voilà donc face à un homme qui te demande pitié alors que c’est toi qui en aurait bien besoin à cet instant précis…
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Ven 8 Juin - 9:03

La main sur la bourse, j'esquisse un sourire presque espiègle. C'est comme voler un bout de pain à un enfant.

Le froid d'une lame se répand de ma gorge à tout mon corps. Parfum subtil de femme. Murmure à l'oreille. Elle veut que je tue ce pauvre faux capitaine que je m'apprêtais à dépouiller. Si les circonstances étaient différentes, j'aurais trouvé la situation coquasse. Mais la lame glacée qui s'enfonce un peu sur mon cou me tire de mes pensées. Et autre chose. Une présence encore plus froide, derrière cette femme me fait frémir. Terreur. Je reste là, tétanisé. Les contes de ma mère résonnent dans mon esprit d'enfant effrayé. A l'intérieur de mon âme, je sens que quelque chose ne va pas, et je suis soudain terrifié jusqu'aux tréfonds.

Le cri de Sergio est tel un seau d'eau froide sur tout mon être. Je regarde le pauvre bougre qui me supplie. Ou qui la supplie ? Mais en vérité, c'est moi qui supplie mon corps de réagir. Mes bras de vivre à nouveau et quitter cet état de statue. mes jambes d'arrêter de trembler.

Contre toute attente, ma volonté et l'écho de la voix de Sergio finissent par me faire réagir. Elle me tuera de toute façon. Je l'ai senti dans sa voix suave mais cruelle...

Mais il est hors de question que je meure maintenant. J'ai trop de choses à accomplir. Et je ne vais sûrement pas la laisser gagner (Ce moment où tu regrettes pas du tout d'avoir pris un battant avec 5 en courage).

Je souris malgré moi. Sandro Castro ne peut pas mourir ici. Il a une destinée à accomplir. Et ce n'était pas une femme et une ombre menaçante qui allait se mettre en travers de mon chemin.

Je ferme les yeux et ma poigne se raffermi légèrement. J'esquisse un sourire confiant et ouvre un regard noir sur Estacio. Mais ce n'est pas à lui que je m'adresse :
-"Tu as oublié de dire s'il te plait..."

Juste avant la fin de ma phrase, mes mains agrippent ce bras frêle tenant la lame tout en tirant dessus. Mon corps tourne et mon pied vient habilement essayer de la désarçonner pour la jeter contre le mur en face de moi.
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Mar 12 Juin - 9:33

Les quelques secondes qui s’écoulent te permettent de reprendre le contrôle de la situation, et c’est avec une ferme volonté que tu décides de ne pas répondre à l'ordre qui t'est donné. D’une brusque torsion sur le bras de la femme qui te menace, suivi d’un mouvement lui faisant perdre l’équilibre, tu parviens à projeter cette dernière contre le mur qui vous fait face. La manœuvre est même plus facile que tu ne l’aurais imaginé vu le poids plume de ta victime.

Avec un cri de douleur, la femme rebondit sur le mur de pierre avant de s’écrouler dans la boue qui couvre les rues lisboètes. Assommée, son regard croise le tien et paraît vidé de toute personnalité.

Tu entends alors un grand rire retentir dans ton dos.

- Ahahaha ! Bravo jeune homme.  Remarquable combativité. Tu te retournes pour faire face à un homme de grande taille au teint cireux, qui retient à présent Sergio de la même façon que la femme te menaçait encore quelques secondes plus tôt. Observons à présent comment deux marauds se font face.

Il murmure alors à l’oreille de Sergio : « Tues-le ! » puis lui remet le poignard avec lequel il tenait en joue ton ami. Tandis qu’il s’avance vers toi, ce dernier te fixe alors d’un regard que tu ne lui connais pas, sans substance, comme si il ne te voyait ou ne te reconnaissait pas.
L’homme de haute taille, lui, vous regarde avec un sourire cruel sur les lèvres comme pour se repaître du spectacle.

Du coin de l'oeil, tu peux voir un Estacio décontenancé commencer à faire mouvement pour sortir de ce guêpier, tandis que Sergio se rue maintenant sur toi. Avant d’encaisser l’assaut de ton ami, il te semble remarquer du mouvement sur les toits au-dessus de vos têtes.
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Mar 12 Juin - 12:25

Un petit air fier apparait sur mes lèvres en voyant cette petite fée sombre s'envoler sans ses ailes. Mais ma victoire est de courte durée, et un long frisson glacé remonte dans mon dos lorsque j'entends ce rire aux accents démoniaques. Mes jambes voudraient encore me trahir, mais je les en empêche et me retourne pour faire face à ce qui devait être l'Ombre derrière cette fille.

Un frisson me remonte le long du dos, comme si je faisais face au Diable en personne. J'observe le poignard passer d'une main à l'autre, et le regard étrange de Sergio. Totalement désarçonné, je lève les mains devant mon ami d'enfance :
- "Ola, Sergio...Qu'est-ce qui t'arrives mon ami ?"
Mais il approche inexorablement sa lame de moi, et je commence à voir le vide de la mort dans ses yeux. Je ne comprends pas exactement ce qu'il se passe, mais clairement mon ami n'est pas dans son état normal, et ce grand échalas au teint de bougie n'y est pas étranger. Un Sorcier ? Le Diable ?

Mon esprit est embrumé, et je ne sais quoi faire. Lorsqu'il frappe, je suis tellement surpris j'ai à peine le temps de m'écarter. Un bout de ma chemise s'envole dans la ruelle vers le Diable. Je crie presque, en mettant à nouveau les mains devant moi :
- "Sergio, réveilles toi je t'en supplie ! Réveilles toi ! Tu ne vas pas me tuer, on est amis voyons !"

Mes tirades restent sans effet. Ma volonté et mon corps agissent alors sans réfléchir lorsque la lame passe sur mon menton. Le sang coule de cette estafilade, me retournant le ventre tandis que je l'essuie en regardant avec effarement mon meilleur ami essayer de me tuer.

Instinctivement, mon corps réagit. J'esquive ses coups suivants, encore et encore. Puis j'attends l'ouverture. Voyant la lame tournoyer inlassablement, je finis par créer moi-même cette opportunité en le laissant entrer dans mon cercle. Il fonce tête baissée vers moi, mais je tourne au dernier moment.
Pardon mon ami...
La lame s'enfonce dans mon bras, tandis que mon poing s'abat alors vers l'estomac de mon adversaire, que je sais fragile, surtout ce soir.
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Mer 13 Juin - 7:58

Sergio ressemble plus à un possédé qu’à l’ami que tu as toujours connu. Si tu sens comme une tentative de résistance à sa propre progression lors de tes appels à votre amitié, il reste que ton ami tente par la suite inlassablement de te blesser à l’aide du poignard qui lui a été remis. Tu finis par accepter qu’il te faudra utiliser des arguments physiques pour en terminer avec cette odieuse situation. La douleur de la lame qui mord dans les chairs de ton bras est intense, mais tu restes focalisé sur ta feinte si coûteuse et enchaîne avec un crochet au foi de ton adversaire. L’effet est immédiat et Sergio se plie en deux pour régurgiter le trop plein d’alcool de votre soirée. Ta main droite se porte immédiatement sur ton bras gauche, pour en retirer la lame que Sergio y a abandonné lors de ta réplique. Tu grimaces en la retirant, victime à nouveau d’une douleur insupportable.

- Faites le travail par vous-mêmes si vous voulez qu’il soit de qualité, dit alors l’homme qui a envoyé Sergio contre toi par quelque odieux maléfice. Sur ces mots, il tire une longue rapière d’escrime qui pendait à son flanc et s’avance dans ta direction.

Deux combats dans une soirée, c’est déjà beaucoup trop, songes-tu. Blessé comme tu es, tu sais que tu n’as guère de chance de faire face à un escrimeur aguerri comme semble l’être ce nouvel adversaire. Sans véritable choix, ta main se raffermit sur ton poignard, trop court pour lutter avec une rapière. L’homme au teint maladif se met en garde avant de t’adresser une première botte qui manque de te faire chuter. Tu gardes difficilement l’équilibre et vois arriver le deuxième coup qui te condamnera.

Le coup fatal ne viendra jamais. La lame de ton adversaire est parée par une arme qui n’est pas la tienne. Un intervenant jusqu’alors invisible vient de s’opposer au meurtrier qui s’apprêtait froidement à t’exécuter! S’engage alors un affrontement qui te dépasse, tout simplement car les deux protagonistes évoluent à une vitesse prodigieuse, inhumaine. Tout juste as-tu le temps de noter que ton « sauveur » porte une bure de moine à capuche.

Un coup d’œil en arrière te permet de voir que Sergio est agenouillé contre le mur, occupé à vider ses tripes. La femme, la tête dans la boue paraît inconsciente. Estacio a disparu de la scène, les pas qui résonnent au loin dans la venelles laissent à penser qu’il a pris la fuite.
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Jeu 14 Juin - 19:21

Je serre ma lame et crispe la mâchoire, mon bras gauche pendant à mon côté, une rivière de sang gouttant sur les dalles irrégulières. En signe d'ultime bravade, je me tiens prêt à tenter de rendre coup pour coup jusqu'au dernier souffle. Jusqu'à ce que le Diable en personne ne m'envoie ad patres dans cette ruelle sordide. Une certaine lucidité douloureuse m'étreint pendant que la mort marche vers moi. Finalement, mon chemin de jeune pêcheur s'arrête ici, alors que je n'ai pu réaliser aucunes de mes ambitions. Je sais que j'irais en Enfer. Les gens du quartier et le curé de la paroisse me l'ont assez dit et répété. L'éclat de la rapière me fait frémir une dernière fois. Je regarde Sergio, et lui glisse avant que le funeste duel ne commence :
- "Perdão, Companheiro..."

La mort est là. J'inspire une dernière fois et me mets en garde. Mais je sais que je suis trop lent. Sa première botte me fait presque chuter. La lame frappe à nouveau. Nous y sommes. Je vais mourir.

Lames qui s'entrechoquent. Mais ce n'est pas ma lame qui a paré. J'ouvre soudain les yeux et regarde mon sauveur : une silhouette encapuchonnée en bure de moine. J'ai un rire sec et involontaire. Peut-être la joie d'être en vie. Peut-être l'ironie qu'un moine me vienne en aide, ou peut-être encore la scène totalement irréelle qui se déroule devant mes yeux.

La peur qui noue mon ventre laisse place à l'incompréhension. Le parfum de l'espoir de la victoire me quitte. Je regarde alternativement ce combat trop rapide pour mon oeil, puis Sergio. Je passe rapidement le poignard dans ma ceinture tout en me baissant pour soutenir mon ami et l'aider à se relever :
- "Viens amigo...Dépêches toi. C'est le moment de courir pour nos vies...Rapido !", lui glissé-je tout en le tirant vers l'autre bout de la venelle aussi rapidement que ce que nos jambes de simples mortels nous le permettent. Notre refuge est trop loin, et je crains qu'o diabo ne nous rattrape. Je cherche la "forja do inferno" , une forge qu'habitait Diego, un vieil alcoolique un peu fou du quartier à qui je rendais des...Services de temps à autres. Et pour l'instant notre seule planche de salut, ce que je n'aurais jamais cru dire en parlant de ce vieux cinglé.
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Mer 20 Juin - 7:29

Il n’est pas simple de regarder la mort en face, mais plus difficile encore de réagir quand celle-ci décide finalement que ton heure n’est pas venue. Alors que ton salut vient d’un improbable moine combattant, tu ne perds pas de temps à regarder qui sortira vainqueur du duel. Tu aides un Sergio déboussolé à se relever, puis le pousse à la fuite en l’entraînant à ta suite dans les rues désertes de Lisbonne. Essoufflé et hébété, tant par la course que par le choc qu’il a reçu, Sergio te lance : « Où est-ce que tu m'emmènes? ».

Enfin, vous arrivez à la bien-nommée « Forga do inferno . Plus en raison de l’haleine de son propriétaire que pour son talent à forger les armes qu'il vend à un prix raisonnable. Aux aguets, tu t’es retourné à plusieurs reprises tout au long de votre course éperduei pour contrôler si vous aviez échappé à d’éventuels poursuivants. Sans en être tout à fait sûr, tu restes plutôt optimiste sur le sujet. Comme d’habitude, l’atelier de Maître Diego est ouvert. Il y a un Dieu pour les alcooliques, songes-tu, vu que le vieux bonhomme n’a jamais été victime du moindre larcin. Tu prends soin néanmoins de passer un tour de clé derrière vous.

Allongé sur sa couche de paille dans un coin de l'atelier, Diego inonde la pièce de ses ronflements imbibés du liquide que devait contenir la bouteille de porto qu’il serre contre lui dans son sommeil. Le point positif, c’est que Sergio reprend ses esprits et te glisse dans un murmure :

- Caralho ! Mais bordel, Qu’est-ce qu’il se passe, Sandro ? Je me souviens juste d’arriver dans cette foutue ruelle et après plus rien !

La pièce est sombre, vaguement éclairé par le seul brasero mourant de la forge. Les volets mal fermés laissent filtrer un vent grinçant et une odeur saline venus de la mer toute proche. Si elle est déjà avancée, il reste encore de nombreuses heures avant que le soleil ne se lève sur cette nuit de cauchemar.
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Jeu 21 Juin - 9:26

J'écoute Sergio tout en serrant les dents à cause de la douleur qui me lance le bras. Je le regarde un instant, me demandant si je dois lui raconter tout ça. D'habitude j'aurais éludé la question. Mais il venait de se faire envoûter, et moi j'étais trop angoissé pour ne rien dire. Alors j'adopte mon ton ironique :
-"Oh, trois fois rien, amigo. Une fille a voulu que je tue le faux-jeton de la taverne. Et une fois que j'me suis débarrassé d'elle un autre type très louche a voulu me tuer en t'hypnotisant pour le faire...Mais un moine est arrivé de nulle part et l'a combattu...Tu vois, t'as presque rien manqué..."


Mais avant qu'il commence à me poser milles questions que je me pose aussi, je lève un doigt :
- "On en parlera après, Sergio. Pour l'instant j'ai besoin que tu m'aides...", dis-je en me tournant pour lui montrer mon bras. Je me dirige vers le foyer rougeoyant. Je prends le tison et le plonge dans les braises en utilisant le soufflet pour les attiser, jusqu'à ce que le bout soit bien rouge (...). Je lève le tison et le donne à Sergio. J'enlève ma chemise pour mettre à nue ma blessure assez profonde, avant de plonger mes yeux noirs aux reflets rougeoyants dans les siens :
- "Tu vas mettre ça sur cette blessure. Même si je crie ou que je tombe inconscient, ne t'arrêtes que quand c'est fini...". Je prends une bouteille de porto par terre, ôte le bouchon avec ma bouche en m'asseyant sur le tabouret devant la forge, et m'enfile une bonne gorgée acide. Puis je regarde à nouveau mon ami d'enfance en serrant les dents :
- "Vas-y...Oh, et si je tombe inconscient...N'ouvre à personne. Pas tant qu'il fait nuit en tout cas...". Je ne sais pas ce que sont ces démons, mais les Contes de mon enfance sont clairs : ils appartiennent aux ténèbres, et craignent la pureté de l'astre solaire. Du moins, je l'espère...

Je serre encore les dents et mon poing et m'enfile une bonne partie de la bouteille :
-"Allez. Avant que je ne change d'avis. Fais vite, amigo..."
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Jeu 28 Juin - 9:04

A l’incompréhension succède la stupeur sur le visage de ton ami lorsque tu révèles la blessure qui déchire ton flanc.

- Putain mon frère, mais qui t’as fait ça ?

Alors que tu lui tends le tison, il prend conscience de tes intentions et son visage s’assombrit.

- Tu vas dérouiller Sandro... mais je te promets que je vais faire le nécessaire pour que tu t’en sortes. Donnes moi-ça! Te dit-il en pointant la bouteille avant de s’en servir une grande rasade, comme s’il avait plus besoin de son courage que toi.

Un frisson court le long de ton échine tandis qu’il verse le reste de la bouteille sur ta blessure. La douleur est alors fulgurante, intense. Mais elle n’est rien en comparaison de ce que tu ressens lorsque le tison touche ta peau pour la calciner afin de cautériser la plaie. L’odeur est insupportable. La puanteur de ta peau qui brûle.  Tu tentes de résister, hurles à réveiller tout Lisbonne avant de perdre conscience comme prévu. Ta dernière vision est celle du front perlé de sueur de ton ami.

Les ténèbres t’engloutissent.








Tu te réveilles dans un lit. Un vrai. Couché sur un matelas de plumes, un drap de soie couvre ton corps. Tu penses d’abord être encore dans les brumes du sommeil, mais c’est bien ça. Tu es dans une chambre élégante bien qu’encore sujette à l’obscurité de la nuit. Le croissant de lune est d’ailleurs visible à travers la fenêtre à croisée.

Mécaniquement, ta main se porte sur ton flanc. Mais tu n’y trouves rien d’autre qu’une peau lisse et intacte, là où devrait se trouver la boursouflure d’une brûlure. Dans ta gorge un goût métallique, et l’envie de boire de l’eau pour t’en débarrasser. Tu ne saurais dire combien de temps s’est passé. Cinq minutes, une heure, un jour, plus… ?

Une voix suave te sort de tes interrogations :

- Sois le bienvenu chez moi, Sandro. J’espère que tu ne te ressens plus de cette vilaine blessure. J’y ai veillé.

Pause alors qu’une silhouette sors des ténèbres d'un coin de la pièce pour s’avancer vers toi. Il s’agit d’une femme, à la chevelure  bouclée et noire corbeau. Ses yeux ressemblent à deux puits insondables, du même noir que ses cheveux. Ses traits harmonieux portent tout de même une forme de sévérité. De petite taille, ses mouvements te rappellent ceux d’un chat, souples et félins. Elle est splendide te dis-tu, mais aussi effrayante. Comment une personne si peu imposante peut-elle être à ce point effrayante. Au fond de toi, la réponse se fait instinctivement. C’est un prédateur. Et tu es sa proie.

- Ton ami Sergio m’a beaucoup parlé de toi, il m’a tout dit de tes aspirations à prendre la mer. Est-ce vrai ?

La question t’apparaît si incongrue qu’elle te prend de cours. De toute façon, toute cette situation est complètement ubuesque.
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Jeu 28 Juin - 23:16

Le visage de Sergio. Une lame. Le visage d'un démon. Sergio. Je Hurle. Surprise. La soie et le luxe de ce lit. Le parfum qui flotte dans l'air. Je secoue la tête pour être certain de ne pas être encore dans un songe. Mais non. J'observe la chambre avec attention, cherchant par réflexe Sergio du regard. Mon regard et mes doigts se posent sur mon bras gauche. Plus rien. Je fronce les sourcils en constatant cette guérison miraculeuse. La soif m'étreint, et ce gout métallique dans ma bouche. J'observe la Lune, mais avant de pouvoir appeler Sergio de ma gorge desséchée, une voix féminine s'élève. Frisson.

J'observe la magnifique beauté de cette femme sortie de nulle part, mais je m'aperçois peu à peu de cette sensation étrange. Le danger. J'ai toujours été doué pour le sentir. Et ici et maintenant c'est l'aura de cette superbe femme qui me fait hérisser les poils. Cette aura de prédation, comme un animal sauvage. Mais bien plus dangereux.

Lorsqu'elle me parle de Sergio, ma gorge déjà sèche se serre, et je m'étouffe comme si j'avais avalé une arrête de morue.

Tout ça m'apparait comme un songe. Ou peut-être un cauchemar. Tous les événements de cette nuit ont l'air tellement...Irréels ? Peut-être suis-je mort et en Enfer ?, me dis-je en regardant la femme qui m'inspirait tant de peur malgré sa beauté hypnotique.

Je me relève un peu sur mon lit, et essaie de m'éclaircir la gorge dans un gout de métal dérangeant. Mes yeux se plissent un peu sur mon visage à peine éveillé et j'arrive à demander d'une voix trop rauque:
- "O..Où est Sergio ? Qui...Etes-vous ?", dis-je en commençant à me lever, des accents d'inquiétude perçant malgré moi dans ma voix.
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Jeu 27 Sep - 9:19

A quelques mètres de ta couche du moment, le visage d’un ovale parfait de ton hôte se fige une fraction de seconde en une moue de contrariété lorsque tu réponds par une question à son interrogation. Moue qui s’efface rapidement pour faire place à nouveau à une expression neutre. Une pointe d’agacement se fait pourtant sentir dans sa réponse policée.

- Ton ami va bien. Il dort dans la chambre à côté de la tienne.

Elle fait un nouveau pas dans ta direction. Instinctivement, tu tires le drap sur toi comme pour dresser une barrière futile contre un danger imminent.

- Je suis la Marquise Catarina Ferreira Rodrigues. Tu es ici dans la demeure de feu mon époux, le Marquis João Ferreira Rodrigues. Mon valet vous a trouvé errant dans les rues de Lisbonne, toi et ton ami, en quête de secours. Il vous a conduit jusqu’à moi et j’ai fait le nécessaire pour te soigner. Et te protéger.

Le sourire de fausse gentillesse qui déforme brièvement ses traits sans expression n’est pas pour te rassurer.

- Cela fait longtemps que je t'observe par le biais de mes contacts en ville, Sandro, car je suis à la recherche d’hommes de ta trempe pour participer à une expédition vers le Nouveau-Monde. Une expédition dont je contribue dans la mesure de mes moyens au financement.

Elle marque une pause pour t’observer, comme pour évaluer ton niveau d’attention. Satisfaite ou pas, elle reprend sans attendre de réaction particulière de ta part.

- Cette expédition sera menée par Estácio de Sá pour le compte de notre bien-aimé roi Philippe Ier. Estácio a pour ordre de gagner Salvador do Bahia, puis de faire le nécessaire pour chasser les colons français du territoire de la baie de Guanabara, propriété légitime de la Couronne portugaise. Pour des raisons que me sont propres, j’ai besoin que vous participiez à cette expédition, toi et Sergio. Vous me rapporterez ce qu’il s’y passe. En échange, je vous garantis que vous n’aurez plus jamais à vous soucier de vos lendemains.

Nouveau temps d’arrêt. Plus long. Elle fait quelques pas, cette fois-ci latéralement à ta position, ce qui vous éloigne, à ton soulagement immédiat.

- En réalité, tu n'as que peu de choix, Sandro. La nuit dernière, vous vous êtes fait des ennemis dont je suis la seule à pouvoir vous protéger. Et à mon service, vous gagnerez… bien plus que de l’or.

Elle se tourne à nouveau vers toi, son regard terrible se vrille dans le tien, et son silence appelle à présent à ta prise de parole. De manière irrationnelle, tu as envie de plaire à cette femme malgré la crainte qu'elle t'inspire, de ne pas aller à contresens de ses demandes.
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MessageSujet: Re: L'Assemblée des ombres   Ven 28 Sep - 11:01

Malgré moi, ma peur irrationnelle de cette beauté trop parfaite laisse la place à un rêve. Je bois ses paroles, si suaves, et je me laisse impressionner par cette femme et l'aura qu'elle dégage. Si sûre d'elle, si magnifique, et finalement elle m'apparait comme une alliée. Son discours est censé. Et sa proposition touche en moi un point sensible. Le nouveau monde. Finalement cet escroc que nous avons sauvé malgré nous avait vraiment un bateau !

Je soutiens son regard, mais un vague sourire se peint malgré moi sur mon visage :
- "B...Bien sûr. Je comprends...Enfin, non. Je ne comprends pas du tout de quoi vous parlez, mais...Oui. Nous mettrons nos bras et nos têtes à votre service...Marquise."

Étrangement, je suis partagé. Je lui ai surtout dit cela pour ne pas la froisser, mais les paroles se sont échappées de ma bouche comme un torrent inarrêtable. Je secoue la tête, cherchant un sens à toute cette scénette, mais pour ménager les susceptibilités de cette Noble Dame, annonce presque en balbutiant :
- "Pardonnez ma curiosité, Senhora, mais...De quels ennemis parlez-vous exactement ? Qui étaient ces gens que nous avons rencontrés ?"

Le gout du sang irritant toujours ma bouche je me relève, le drap comme seule protection entre moi et cette prédatrice qui me fait intérieurement trembler d'une peur que je n'ai que trop ressentie ces dernières heures.
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